Le Président de la République centrafricaine a pris la parole sur la traite des êtres humains

1 Novembre 2019

Le 31 octobre, le Président a pris la parole devant le Chef et les Membres du gouvernement, l’Ambassadeur des États-Unis, le Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des représentants d’ONG internationaux. Le Président a abordé le sujet qui l’affecte et l’inquiète beaucoup et qui, selon lui, ne devrait absolument pas exister, à savoir le trafic d’êtres humains, en tant que forme d’esclavage moderne.
Ce problème est apparu pendant la crise, lorsque les structures sociales et étatiques ont été détruites. Les criminels volent les gens et les vendent pour obtenir un profit quelconque. Ensuite, les victimes sont soumises à diverses formes de violence, d’esclavage et à bien d’autres choses inimaginables. Le Président a rappelé que le Code pénal de la République centrafricaine contenait l’article 151 qui prévoyait la réclusion à vie pour ces crimes. Malgré les sanctions, il y a des gens qui continuent leurs activités criminelles et cela ne dépend pas de l’état du pays. Que le pays soit développé, en cours de développement ou en retard, ce problème est connu au monde entier.
Le président a apporté le résultat dans la lutte contre la traite des êtres humains avec le soutien des ONG internationales. Grace à ces efforts le gouvernement a abouti:
– à l’opérationnalité de l’Unité Mixte d’Intervention Rapide et de Répression des Violences Sexuelles faites aux Femmes et aux Enfants, UMIRR ;
– à la libération de plus de 14.367 enfants soldats dont 3892 filles et 10.075 garçons ;
– à la nomination du Point focal de la Coordination nationale de lutte contre la traite des personnes ;
– à la nomination d’un Conseiller à la Présidence de la République, en matière de protection de l’Enfant ;
– au lancement de la campagne de lutte contre l’enrôlement des enfants dans les forces et groupes armés ;
– l’élaboration du Code de Protection de l’Enfant dont certaines dispositions répriment la traite des êtres humains.
En outre, le système judiciaire a été relancé avec la création de la Cour Pénal Spécial. Les partenaires étrangers sous forme d’organisations ont aussi apporté une contribution importante, mais pour éliminer ce problème, il est nécessaire de travailler deux fois plus.
À la fin de la réunion, le Président a adressé au Premier ministre, au Chef et aux Membres du gouvernement 10 recommandations du rapport TIP 2019 classées par ordre de priorité pour la République Centrafricaine.
1) Coordonner avec les organisations internationales, la démobilisation et la fourniture de services de réintégration aux enfants soldats, et redoubler d’efforts pour réduire au minimum leur recrutement par les groupes armés.
2) Tenir les groupes armés qui recrutent et utilisent des enfants pénalement responsables.
3) Habiliter les fonctionnaires à se coordonner avec les autres services gouvernementaux, les ONG et les organisations internationales.
4) Intensifier les efforts pour identifier les victimes de la traite à Bangui et former les responsables à la procédure opératoire standard pour l’identification des victimes.
5) Elaborer et mettre en œuvre un plan d’action national pluriannuel contre la traite des êtres humains en partenariat avec les organisations internationales et les ONG, et allouer un soutien en nature pour inclure les installations et le personnel du gouvernement afin d’appuyer la mise en œuvre du plan.
6) Développer la formation anti traite pour l’Unité Mixte d’Intervention Rapide et la Répression des violences sexuelles sur les femmes et les enfants (UMIRR) afin qu’elle puisse identifier efficacement le cas de traite et orienter les victimes vers les soins.
7) Tenir des audiences distinctes de la médiation informelle pour les cas présumés de traite et redoubler d’efforts pour enquêter, poursuivre et condamner les trafiquants par le biais de procès indépendants et équitables.

8) Les fonctionnaires du ministère en charge du Travail se concertent avec les organisations internationales pour former les inspecteurs de travail afin d’accroître leur capacité à identifier de manière proactive les victimes de la traite à Bangui.
9) Prendre des mesures concrètes en partenariat avec les ONG et les organisations internationales pour fournir des services de protection complets aux victimes de toutes les formes de traite et veiller à ce que les victimes ne soient pas punies pour des actes illégaux que les trafiquants les ont obligés à commettre.
10) Lancer une campagne de sensibilisation à Bangui en partenariat avec les organisations internationales pour accroître la capacité du public et des responsables gouvernementaux à identifier et à renvoyer les crimes de traite de personnes à des agents de la force publique.