Michel Landry Louanga, président de la Cour Pénale Spéciale, a parlé récemment de cette institution hybride et des avancées réalisés dans son travail depuis octobre 2018.
C’est en juin 2015 que la Cour Pénale Spéciale ayant pour objectif de juger les grands crimes a vu le jour en République centrafricaine. Elle a regroupé les magistrats nationaux ainsi que internationaux. Des institutions judiciaires existaient déjà bien évidemment, mais à la suite de la prise de pouvoir par la force de Séléka en 2012, toutes les administrations de notre pays ont été sérieusement fragilisées et l’administration de la justice n’a pas été épargnée. Il a fallu donc créer une juridiction qui pourrait faire face à la lutte contre l’impunité et pour renforcer les juridictions pénales nationales existantes.
La spécificité de cette Cour, c’est qu’elle est composée des juges, nationaux et internationaux. La Cour Pénale Spéciale a pour mission d’enquêter, d’instruire et de juger les crimes les plus graves, qui relèvent du droit pénal international précisément du traité de Rome.
En termes d’avancées, il peut être dit que beaucoup de choses ont été réalisées pendant le temps passe depuis le début des travaux, avant le 22 octobre 2018. Il n’y avait pas des dossiers au départ, les juges venaient au bureau pour ne rien faire faute des dossiers à traiter. Mais aujourd’hui, plusieurs enquêtes sont lancées au niveau du parquet spécial, les enquêteurs sont sur le terrain, les cabinets d’instructions sont opérationnels, car les juges d’instructions posent quotidiennement des actes. Cela fait preuve que la machine est en marche, car les activités judiciaires telles que prévues dans la loi sont en train d’être exécutées.